mardi 13 avril 2010

Oui, j'ai été complètement abrutie. Ce qui me révolte le plus au jour d'aujourd'hui, c'est que je ne me suis jamais vraiment révoltée. Je les ai toujours laisser mener ma vie. Ah, ils étaient fiers, mes parents. Ils avaient de l'autorité sur leurs enfants. Des enfants qui ont fait des études, qui travaillent, qui leur donnent leur salaire (comme ça se faisait du temps de mes grands-parents et des mes arrières-grands-parents).... Ils étaient fiers que leur fille se marie en bonne et due forme. Rien qu'à écrire ces lignes, j'ai envie de vomir, tellement je me trouve conne de tout avoir accepté.
Mais je me trompe... Il n'y a que moi qui ai dû aller travailler après ma rétho, il n'y a que moi qui ai dû donner mon salaire, il n'y a que moi qui n'ai jamais pu aller nulle part.
Je n'en veux pas à ma soeur, c'est un peu moi qui ai mené le combat pour que les portes lui soient ouvertes.
Je leur en veux à eux de lui avoir permis de faire des études supérieures en cours du jour, je leur en veux de lui avoir permis de mettre son argent sur un compte à elle, je leur en veux de lui avoir permis d'aller plusieurs fois aux sports d'hiver avec des copains. Et je ne vous raconte même pas leur fierté quand ma soeur leur a présenté son mari actuel, un ingénieur fils d'un professeur gynécologue... Je trouve ça injuste et plus j'y pense, plus j'ai envie de les trucider.
Enfin, je vais quand même vous livrer la suite.
Pendant mes études en cours du soir, alors que j'étais en totale létargie, une amie m'invite à une soirée "jeux de société" ... wouw super mes soirées, hein?
Elle habite à l'autre bout de Bruxelles et comme je n'ai pas encore le permis de conduire, elle propose qu'un de ses amis qui habite près de chez moi vienne me chercher, ce que j'accepte volontiers. Je ne savais pas que j'allais ouvrir la porte à mon mari.
Un peu plus d'un an plus tard, le mariage était scellé. Je ne vous cache pas que mes parents lui en ont aussi fait voir de toutes les couleurs. Les hommes que j'ai rencontrés devaient vraiment m'aimer pour vouloir continuer leur route avec moi. Parce que, croyez-moi, quand mes parents s'y mettent ce sont des obstacles de taille! J'ai dû les menacer de quitter la maison pour qu'ils se calment. Parce que si je mettais mes menaces à exécution, leur petite vie parfaite qu'ils montraient au monde aurait eu un coup dans l'aile!
Vous me croyez si je vous dis que la première chose que j'ai faite en rentrant la première fois chez moi, c'est de balancer mon sac sur le fauteuil et de mettre mes pieds sur la table du salon juste pour jouir d'un moment paisible sans craindre de me faire disputer pour quelque raison que ce soit?
Franchement tout cela est d'un pathétique.

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