dimanche 18 avril 2010

Je ceci de commun avec ma mère: le ciel peut me tomber sur la tête, je n'en laisse rien paraître. Ma vie ressemble à la famille Boule et Bill. Petite maison, mari qui bosse dur pour les siens, enfants (bon d'accord ce sont deux filles), jardin, boulot. Que demander de plus?
Quand parfois je parle autour de moi des failles de notre couple, tout le monde réagit de la même façon: "Mais quand même, il est gentil, hein!". Mais j'en ai rien à faire qu'il soit gentil, moi, je ne veux pas d'un copain, je veux un mari qui s'occupe réellement de sa famille, pas rien qu'en allant bosser tous les jours, je veux quelqu'un qui s'implique. Je lui reproche de ne pas savoir dire non dans le cadre de son professionnel, et de ne pas savoir prendre de décisions à la maison. Cette tâche il me la laisse. Moi, je suis déjà dépassée, par mon boulot, mes deux jeunes filles et les décisions importantes pour le ménage me pèsent. Je voudrais ne fut ce qu'un avis. Mais ça je ne l'ai pas, même quand je le lui demande. Il est toujours d'accord avec tout. Beaucoup de femmes rêveraient d'un mari toujours d'accord avec tout. Et bien moi ça m'épuise, ça m'angoisse.
Inconsciemment, petit à petit, nos chemins se sont séparés. Pas par notre volonté. L'érosion de la vie. Lui a continué à développé son activité et moi j'ai feint une petite vie pépère. Je lui a souvent dit de freiner son rythme, d'arrêter de courir, de prendre le temps d'analyser les choses, tant au niveau professionnel qu'au niveau privé. Il adore ce qu'il fait, il assiste à des séminaires, il se recycle, il s'informe. Mais tout ce qui est paperasse... mon dieu. Il émet le désir que ce soit moi qui m'occupe de son secrétariat et de sa comptabilité..... en plus de mon boulot, les enfants. Je lui refuse mon aide primo parce que j'estime avoir un emploi du temps plus que chargé et que je le trouve gonflé de me le demander et deuxio, j'estime que s'il était un peu plus organisé et qu'il arrêtais de courir comme une poule à qui on vient de couper la tête, ça irait mieux. Je lui ai souvent demandé de trouver un emploi comme salarié pourqu'on ait un semblant de vie de famille. Sa réponse a toujours été qu'il ne saurait pas travailler toute une journée à un seul endroit, qu'il avait besoin de bouger et de faire ce qu'il aimait. Et moi de lui répondre à chaque fois: "Mais tu crois que pour moi c'est une passion d'aller travailler? Je le fais pour faire bouilir la marmite!" Il y a pleins de gens qui travaillent sans passion mais qui ont une vie de famille extraordinaire. Cette discussion n'a jamais été terminée. Dès que la conversation ne lui convient pas, il élude et on passe à autre chose.
Donc, j'ai continé à faire semblant pendant pas mal de temps. Mais aujourd'hui la coupe est pleine, je n'en peux plus, je vais exploser et risquer de tout foutre en l'air. Je sens que j'ai besoin d'aide, mais je ne sais pas à qui la demander. J'ai pensé à aller voir un psy pour qu'il m'aide à y voir plus clair. J'ai peur de ce qu'il va me dire. Aujourd'hui, si j'analyse ma situation, je vis avec un très chouette copain. Il est charmant en société, il est drôle, attentionné. Il a même réussi à faire de mes parents, ses alliés. Et moi, s je pète mon câble maintenant, personne ne va rien comprendre. Je vais passer pour la folle-dingue de service, jamais contente, ingrate, non reconnaissante des efforts professionnels de mon époux. Où est le bout du tunnel??

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire