lundi 12 avril 2010

D'aussi loin que je me souvienne, mes parents ont toujours tout fait pour le "paraître".
Nous étions propres sur nous, nous avions des vêtements faits sur mesure, nous ne manquions de rien matériellement.
D'aussi loin que je me souvienne également, j'ai ce sentiment de manque d'oxygène. Surtout être irréprochable pour ne pas qu'on aie à dire quelque chose sur nous, faire attention à nos fréquentations de peur du qu'en dira-t-on, ne surtout pas s'enmouracher d'un fils de divorcé, ça ferait mauvais genre.... des comme ça, je pourrais vous en raconter des tonnes.
Que dire aussi des sorties.... Aaah les sorties!
Pas question d'aller se coucher chez une copine. Motif: "Tu as un lit à la maison, je ne vois pas pourquoi t'irais dormir ailleurs".
Les voyages scolaires permis si et seulement si il ne faut pas découcher. Je me souviens d'un voyage à Londres prévu de longue date. J'avais réussi à obtenir leur approbation.
La veille du départ, je m'entends dire que je n 'irais pas. Motif: les attentats à Londres.
Et le plus fort, je devais partir en retraite avec un professeur "converti" et d'autres élèves bien sûr. Je m'en faisais une joie. Le matin même du départ, ma mère me dit qu'elle ne ferait pas mes valises par ce qu'elle "avait peur"!!!
J'ai toujours vécu avec un sentiment d'injustice.
Dans ma vie actuelle, je suis une femme agréable, toujours de bonne humeur, je suis appréciée de mes collègues, de mes amis, j'ai l'air de quelqu'un de très épanoui avec son petit mari et ses trois adorables petites filles.
Balivernes, aujourd'hui, la coupe est pleine, je n'arrive plus à faire semblant et ma vie s'en ressent.
Je n'arrive plus à faire semblant avec ma mère et là c'est son humeur qui s'en ressent. Parfois, je n'ose même plus l'appeler pour prendre de ses nouvelles car c'est l'engueulade garantie.
Je sais ce que vous allez me dire. Je dois l'envoyer valser. Déjà fait! Mais que d'énergie!! Elle revient toujours avec ses "je ne t'ai pas élevée comme ça", ses "je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter ça"... bref l'horreur.

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