Bonjour,
Si j'ai créé ce blog, ce n'est pas tant que ma vie me paraisse si extradordinaire qu'elle soit digne d'être racontée, non. C'est juste que je le prends comme une thérapie, un besoin qui grandit de me raconter, d'exprimer des années de non-dits qui ont des répercussions catastrophiques sur ma vie, mes relations.
Je suis née en Belgique dans les années 70 dans une famille de fils d'immigrés italiens.
Mes grands-parents sont arrivés en Belgique après la deuxième guerre mondiale. Leur vie n'a pas été facile, l'eldorado promis n'était pas au rendez-vous.
Ma grand-mère travaillait en équipe dans des usines et mon grand-père a travaillé à la mine.
Ils ont eu 6 enfants et ma mère en était l'ainée. Chaque sou était divisé en 4 pour faire subsister la famille. Mais ils y sont arrivés.
Mon grand-père est décédé à l'âge de 62 ans de la maladie de la mine.
Ma mère étant l'aînée, c'est sur ces frêles épaules que reposaient la vie de famille, mes grands-parents travaillant très dur.
Très vite elle a été déscolarisée pour s'occuper de ses frères et soeurs.
Tout ça, je le comprends et ça me peine et je vais vous faire grâce de toute la vie de mes grands-parents et de mes parents.
Le grand fléau de ma vie a été la non adaptation de mes parents à la mentalité belge.
C'est le grand problème de tout immigré. Quand il arrive en terre d'accueil, il arrive avec sa mentalité et l'entretient.
Là où il y a un souci, c'est que dans leur pays, les mentalités évoluent et que leurs enfants doivent vivre dans un pays où les mentalités sont en totale contradiction avec leur mode de vie.
Bref, je m'emballe... je vais essayer de vous raconter.
Je disais donc que je suis née dans les années 70. Je suis la fille aînée. J'ai une autre soeur.
Je n'ai jamais manqué de rien, ça je ne peux vraiment pas dire.
Le seul souci, c'est que chez nous (j'entends dans ma famille: parents, soeur) on aime mais les marques d'affection ne sautent pas aux yeux. Je l'explique par le fait que ma mère ayant été responsabilisée très jeune et n'ayant elle-même pas reçu beaucoup d'affection, elle n'en a tout simplement pas les codes.
Et ça, dans ma vie d'adulte, c'est un vrai problème car... moi non plus je n'ai pas les codes.
Je suis arrivée à un stade de ma vie où je me rends compte que rien ne va. J'en veux à la terre entière, à ma mère, à mon mari, à mes enfants et finalement je me demande si le problème ne vient pas de moi. J'ai cru jusqu'il n'y pas longtemps que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et finalement je me rends compte qu'il y a pleins de dysfonctionnements autour de moi. Dans ma vie de famille, dans les relations avec mes enfants, dans les relations avec mon mari. Ce que je vois ne correspond pas à ce que j'espérais. Mes grandes filles m'en veulent de m'emporter si facilement. Faut dire que je ne suis pas toujours bien et que leurs disputes continuelles qui se terminent en combats de katch m'expaspèrent au plus haut point. J'ai beau leur dire que si tout le monde se respectait on aurait une qualité de vie beaucoup plus agréable, rien n'y fait. Le matin, quand elles se réveillent, elles doivent se demander comment elles vont faire pour s'emmerder l'une l'autre. Mon mariage va à vaux l'eau et quant à mes relations avec mes parents, je ne vous en parle même pas.
J'ai tellement voulu être différente avec mes filles que ne l'a été ma mère (autorité militaire, pas droit à la parole, respect à outrance) que le résultat que j'ai réussi à avoir est que mes filles me prennent pour leur copine et que je dois souvent rétablir l'ordre hiérarchique. Je suis perdue, c'est épuisant et le pire, c'est que je sens qu'elles m'en veulent.
Je compte beaucoup sur ce blog pour faire apparaître des évidences au fur et à mesure de mes écrits, car pour l'instant tout se bouscule et je n'ai pas la lucidité nécessaire pour les faire apparaître.
lundi 12 avril 2010
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