Il est vrai que quand j'ai appris ma deuxième grossesse, je me suis demandé si j'allais garder le bébé ou pas. Je n'étais ni prête psychologiquement, ni physiquement.
Mon mari était plus enthousiaste et voulait que je mène cette grossesse à terme.
Je lui ai alors dit que si tel était son désir, il devait consacrer un peu plus de son temps à sa famille, qu'il devait mettre des limites quant à ses horaires de travail, que les retards devaient disparaître. Il m'en a fait la promesse.
Quand j'ai accouché, rien n'a changé. Il était toujours aux abonnés absents. Quand je m'en plaignais, il menaçait de tout envoyer valser et de donner sa démission (je vous l'ai dit, ce n'est pas un pro de la commication). Et quand j'en parlais à mon entourage, on me disais: 'M'enfin, il ne passe pas son temps au bistrot. Prends patiente.".
Mais pour cette deuxième petite fille, j'avais changé mon fusil d'épaule. J'avais décidé que lui aussi s'impliquerait la nuit puisqu'il n'était pas là le jour. J'avais donc établi qu'on passerait une nuit sur deux avec la petite, de sorte qu'une nuit sur deux je sois reposée.
Du haut de ses 13 mois, c'est fou ce que ma première fille me paraissait immense. Et le piège dans lequel je ne devais pas tomber, j'y ai sauté à pieds joints. Je lui demandais de me passer des langes, la tetine, j'ai commencé à la responsabiliser. On me le disait, je me braquais et la discussion était clause. Je m'en mords les doigts. J'ai l'impression de lui avoir volé une part de son enfance. Et comme, point de vue de l'expression de ses sentiments elle n'a pas pris de moi, parfois je la regarde et je me dis que j'ai loupé quelque chose avec elle et je prie juste pour qu'elle ne m'en veuille pas plus tard, comme moi j'en veux à ma mère.
samedi 17 avril 2010
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