Me voilà donc mariée. La vie devant moi. J'ai fait l'impasse de tout ce qui s'était passé avant. Obligé, sinon, je n'aurais pas su avancer. On ne sait pas avancar dans le regret, avec les remords qui vous rongent le coeur et qui vous rappelle constamment que vous avez été stupide, immobile, abrutie... Oublier donc, avancer, être heureuse, telle était ma quête.
Mon mari est attentionné, gentil, il m'aime. Franchement... je n'en reviens pas encore. Il a surmonté mes parents. Pourtant dieu sait qu'ils ne l'ont pas ménagé. Une fois, pendant que nous étions dans le living, ma mère piquait sa crise dans la salle de bain qui est entre deux étages. Comme s'il ne l'entendait pas.. Quand il venait à la maison après le boulot, nous regardions Rai1 tous ensemble (terrible comme soirées en amoureux non?) sur le divan. Le divan étant nouveau et en cuir, sans le faire exprès, nos bassins glissaient vers l'avant ce qui nous donnaient un air avachi. Quand il partait, j'avais droit à une crise parce que je me couchais sur son divan avec mon fiancé. Comme si j'allais attendre d'être en leur compagnie pour me coucher avec "mon" fiancé!! Enfin soit, c'était juste pour que vous compreniez la situation.
Donc, me voilà mariée, la vie est belle, mon mari est attentionné...
Une donnée dont j'avais complètement fait abstraction allait ternir le début du mariage... les beaux-parents!! Alors eux, après tout ce que j'avais enduré, ils n'allaient pas me faire chier!
Il faut savoir qu'ils ont eu mon époux vers 40 ans et qu'il était le "petite bébé" de ses parents (il s'est marié à 26 ans quand même!). Il était leur raison de vivre. Avant que je ne débarque dans leur vie, celle-ci était rythmée au rythme de mon époux. Le matin, il avait son petit déjeuner au lit avec jus d'orange pressé, s'il vous plaît. Ils attendaient l'heure du midi que leur fils rentre. Un repas chaud était déjà servi quand il rentrait. Et idem pour le soir. Entre les repas, quand leur fils, n'était pas là, aucune conversation. Ils ont vite perdu le sens de la communication. Je crois que c'est de là que vient le manque de communication de mon époux. Il est incapable de communiquer ni ses envies, ni ses sentiments, ni rien du tout. Je dois tout deviner, ça m'épuise. Les gens qui ne parlent pas clairement m'épuisent.
Donc voilà, je passe du statut de compagne de leur fils à la voleuse de fils. Ils m'en veulent. Mais, ils sont très subtils. Ils me font des remarques quand je suis seule, jamais devant lui. Ils me font enrager, mais comme je n'ai pas de témoin c'est difficile de raconter. Quand j'en parlais à mon époux, il me disait "Mais t'es sûre?? T'as du mal interpréter, mes parents sont des gens formidables." Il faut dire qu'elle avait l'apparence de Mamie Nova avec son air angélique et comme elle était très malade, elle passait pour la pauvre, pauvre, belle-mère qui n'avait pas eu de chance avec sa belle-fille. Franchement, c'était le cadet de mes soucis.
Mais.... tout cela a fait que j'ai vite déchanté. L'illusion disparaissait. Je ne l'admettais pas encore, mais je sais qu'en mon fort intérieur je regrettais déjà. Car j'avais toujours cette idée en tête: je n'ai pas laisser passer les dix ans!
jeudi 15 avril 2010
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