mardi 13 avril 2010

Lorsque j'arrive à 17 ans dans une nouvelle école, je tombe éperdument amoureuse d'un garçon.
Enfin, c'est lui qui me repère la première mais ça n'a pas beaucoup d'importance pour l'histoire.
Il est fou amoureux de moi, il a envie de faire plein de choses, il m'aime tout court.
Il est souvent contrarié par mon manque de liberté (je suis quand même presque majeure), mais son amour est tellement grand qu'il passe outre.
Le hic.... ses parents sont divorcés, il n'est pas italien et mes envies de liberté grandissent avec lui. J'ose quelques révoltes à la maison. Même si celles-ci ne sont pas à la hauteur de ce qu'elles devraient être. Mais c'est quand même beaucoup trop pour mes parents qui ne voient pas cette relations d'un très bon oeil.
Cet amour a tenu 2 ans, pas plus, malgré l'amour inconditionnel que nous nous portions.
La tension était trop forte. Le harcèlement psychologique dont je faisais l'objet était beaucoup trop fort pour moi.
Lorsque ma rétho fut terminée, j'ai pris la décision qui me semblait être la meilleure à l'époque. Le quitter.
Je m'en suis mordu les doigts peu de temps après. Certes dans un premier temps, le calme était revenu à la maison. J'avais retrouvé la sérénité. Mais....
Comme je vous le disais, j'avais en main mon diplôme de rétho.
Mes parents avaient estimé que comme j'avais raté 2 années pendant mes études, il n'était pas question de faire des études universitaires. J'avais laissé passer ma chance.
Il fallait que je trouve tout de suite un travail. Si je voulais faire des études, je devais les faire à l'école du soir.
Pour mes parents il n'était pas question de rester à fainéanter à la maison, j'ai donc trouvé un job onem dès le mois d'août. Mes cours de secrétariat de direction devaient débuter dès le mois de septembre.
Pendant 3 ans, j'ai enchaîné jobs où je finissais mes journées à 18h00, puis je devais prendre les transports en commun pour me rendre aux cours et je rentrais à la maison vers 21h00.
A la maison, je soupais et j'allais me coucher.
Le week-end, seuls jours où je pouvais réviser mes cours, le ménage primait avant tout.
Et pas n'importe comment... On nettoyait toujours comme s'il fallait tout désinfecter après une lourde maladie infectieuse.
Quand tout était propre, après inspection, je pouvais m'assoir et revoir mes cours....
Dois-je aussi vous dire, que la totalité de mon salaire,(si, si) était versé sur le compte bancaire de mes parents, et qu'ils prenaient jusqu'à mes chèques-repas?? Ils me donnaient généreusement 3000 FB à l'époque par mois!!
Ces trois années, j'ai été comme anesthésiée. Pas le temps de penser. Allez de l'avant. De l'abrutissement oui!
Ces trois années m'ont aussi totalement isolée socialement. Quand je me suis réveillée, j'étais seule, dépressive, pas bien dans ma peau.
Mes parents: "Mais sors, vois des gens!"..
J'avais envie de le leur gueuler dessus "MAIS QUELS GENS?? JE N'AI PLUS D'AMIS DE MON AGE!!" Parce qu'aux cours du soir, on y rencontre des personnes d'âge mûr.
J'ai pensé alors à ce moment là à me remettre en contact avec ce garçon que j'avais laissé tomber. J'en avais besoin. Il me manquait terriblement. Mais... aah cet orgueil mal placé.. je me disais aussi que je l'avais tant fait soufrir, que je n'avais pas le droit de le déranger car il aurait certainement fait sa vie avec quelqu'un d'autre, qu'il m'enverrais paître. Il faut dire aussi qu'à ce moment là, on avait pas de gsm, pas internet et que lui n'avait pas le téléphone chez ses parents.
Mas je conçois que ce ne sont pas des excuses, j'aurais dû me déplacer.. et si et si....
Aujourd'hui je m'en veux de mon immobilisme. Il faut croire que j'ai été complètement abrutie.

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